Triste soirée ...
Rude, qu'elle était ma journée ...
Debout 9h00. Personne à qui parler dans l'appart. A part le chat, fidèle à son poste, fidèle à mes basques. Il miaule, je lui renvoie la pareille. Un an qu’on cause comme ça ensemble, mais comme avec sa maîtresse, malgré nos efforts, on ne se comprend toujours pas. Enfin, lui c’est un chat, un mistigri bien sympa, mais Persan ... Ca doit être ça qui fait qu’on n’se comprend pas. Enfin bref … revenons à nos Panurges !
Ce matin, j’ai la tête en vrac. Peut-être la 1664 de la veille. Peut-être le fait que ma salle des machines a trop cogité durant ce qui aurait du être mon sommeil. J’ai la tête pleine. Pleine de désillusions. Pleine de souvenirs. Pleine de merde qui occulte mes globes oculaires. J’ai pas les idées claires, et j’aime pas ça. Ma moitié et moi, on s'est encore pris la tête hier soir.
J’appelle le Jap. Quinze ans qu’on s’supporte lui et moi. Et toujours là l’un pour l’autre. Soudé comme les deux doigts de la main. Solidaires comme les deux couilles d’un eunuque. Je le réveille. Il s’est couché tard qu’il me dit. Il a terminé sa soirée à s’enquiller des bières chez une collègue. Mal de crâne qui va avec. Au moins, on s’comprend ! ... Je jacte durant une bonne heure. J’lui raconte mes malheurs. Il m’écoute. Ça fait du bien. J’ai tellement causé que j’ai la gorge sèche. Je file au frigo m’en ouvrir une. Je la vide cul sec. Ça soulage. Un son harmonieux sort de ma gorge (t’as vu ? Je fais ça avec grâce moi !) et sonne la reprise de la conversation avec le jap. Quinze bonnes minutes encore, et je raccroche. Il m’a remonté l’moral ce bougre !
J’ai pris ma décision. Faut que j’la quitte. Je lui annoncerai quand elle rentrera ce soir … en attendant, j’ai une journée à cogiter. L’souci quand tu prends ce genre de décision l’matin, à ton réveil, c’est que l’soir, tu n’as plus du tout les mêmes arguments. T’as plus les mêmes idées qu’le matin – la nuit porte conseil, le jour se charge du contraire. C’est pour ça que je m’suis noté tout le pourquoi du comment sur un bloc note histoire de ne pas me dégonfler et de le relire quand je changerai de décision (pas folle la guêpe !)
Le soir même, elle rentre … et c’est parti. On fait ça sobrement (moi, une bière à la main, une tranche de pain tartinée de fourme d’Ambert). Des larmes, mais pas de cris. Elle encaisse. C’est l’une de ses qualités. Par respect pour elle et pour notre histoire. Je tairais le pourquoi du comment. Mais sache juste que c’est dur, très dur et pas que là où tu penses.
Il est 23h38 au moment où j’écris ces mots … je suis dans le bureau, elle, dort dans la chambre (ou pas). J’irai dormir sur l’clic clac dans l’salon ce soir. Avec le chat … et une bière.
Triste soirée. Triste fin.